Aridity, 1er album de First Came the Shadow

Un opus post-rock, uniquement instrumental, aux textures musicales délicieusement poétiques et subtilement envoûtantes !

First Came The Shadow
Après un 1er EP à son actif : Premonition (mai 2018), le groupe niçois, First Came the Shadow, créé en 2017, et composé de Gaëtan Zampa et Adriano Delpane à la guitare, Vivien Dansac à la batterie et Aurélien Régert à la basse, a sorti un album :Aridity, en mars 2020. Cet opus post-rock, uniquement instrumental, a été enregistré, mixé et masterisé par Thomas Palmade, à Old Tree Studio (Salon-de-Provence).

Aridity démarre avec Anthropocene, un titre planant de 8’30, durant lequel la basse ronflante côtoie une guitare très mélodique. En toile de fond, une brève série de notes stridentes interviendra à 2’32, pour se poursuivre sans discontinuité jusqu’à 5’35, telle une sirène s'imposant pour alerter les hommes quant aux conséquences de leur activité sur l’écosystème terrestre. À 3’11, un très joli jeu de baguettes couplé au martèlement des toms exécuté avec fluidité viennent se superposer, symbolisant cette action humaine à l’œuvre. À 5 ’35, les éléments se déchaînent, avec une montée en puissance de l’instrumentation, avant de céder le pas à 7’10, à la brève série de notes précédente, qui reprend, accompagnée par un doux air à la guitare marquant l’inéluctable essoufflement de la planète, ravagée par l’insatiabilité de l’homme. 

Sur Dreams of a Prisoner, la batterie joue un rôle prépondérant et se caractérise par un jeu élaboré, très éthéré tandis que la guitare s’emploie à distiller des notes délicates. À 3’38, le rythme s’accélère pour offrir une dynamique qui transporte au-delà des limites physiques, car l’imagination est bien l’unique échappatoire pour celui qui est prisonnier que ce soit physiquement ou psychologiquement. À 5’35, le tableau s’obscurcit, adoptant une atmosphère plus sombre, figurant le rêve brisé. 

Hopeless révèle une sonorité tout en finesse : les instruments semblent s’interpeller, dialoguer en accord, ou en dissonance, avec cette constante recherche d’harmonie, quasi palpable. 

Psyche of Autumn propose une solide composition mélodique, sur laquelle la rythmique gagne en intensité par des interventions denses et bien dosées. La ligne de basse est particulièrement remarquable. À cela s’ajoute le jeu des guitares, éloquent et exalté. Le tout conférant à ce titre un réel souffle lyrique. 

Walls instead of Bridges est plus ténébreux. Les instruments nous saisissent avec force, et nous insufflent toute la fureur et la tristesse que, tour à tour, ils dégagent. Pour la 1ère fois sur l’album, à 5’45, une voix s’élève, hurlant sa rage et son désespoir face aux murs d’égoïsme que l’on dresse au lieu d’édifier des ponts pour se rejoindre. 

Le dernier opus, Locked-in syndrome, est le plus long de l’EP, avec ses 10’32. Les guitares cristallines jouent sur un registre atmosphérique, que l’on pourrait qualifier d’introspectif durant les 3 premières minutes. Puis se succéderont des tonalités très diverses : impétueuses ou intimistes, saturées ou vaporeuses. Un magnifique final qui dévoile un paysage sonore très esthétique. 

Si l’activité humaine conduit, irrémédiablement, à un effondrement, l’un des thèmes d’Aridity, pour notre bonheur, elle engendre également la créativité artistique, comme en témoigne cet album. Et comment ne pas succomber au charme d’Aridity dont on ne peut que louer la richesse et la beauté de ses mélodies ? Cette composition aux textures musicales délicieusement poétiques et subtilement envoûtantes est brillante. Une expérience à part, sans aucune limite !

Tracklist :

1 – Anthropocene (8 :30)
2 – Dreams of a Prisoner (7:29)
3 – Hopeless (8 :58)
4 – Psyche of Autumn (9 :41)
5 – Walls instead of Bridges (8 :05)
6 – Locked-in Syndrome (10 :32)


Article de Nathalie Bellesso
Auteure de la trilogie d'heroic fantasy "Les Véritables"
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