The Devil’s Wife, le 1er album du groupe Karma Skull

Une œuvre de heavy/nu metal époustouflante ! Remarquable démonstration de savoir-faire.

Karma Skull
Créé en 2015, avec Jean-Philippe à la basse, Jérémie (Martyr G) au chant, Jérémie (Big G) à la batterie et Laurent à la guitare, le groupe cannois, Karma Skull, a sorti un album en mai dernier : The Devil’s Wife. Il a été enregistré, mixé et masterisé dans les studios de Blackfish records, par Jean-Philippe Promelle, le bassiste du groupe qui fait également partie de la formation : Pandore Orchestra. Big G a joué dans Korrigan, l’opéra rock de Philippe Casetti, avec Metral et Polo Gibson, tandis que Laurent a été à l’origine du groupe de thrash metal : Agressor (antérieurement Kataclism) et a collaboré avec Criminal Insane. 

Une voix féminine, orientalisée, s’élève, suave et enchanteresse, en ouverture de Bagdad Bomb, rapidement relayée par une instrumentation à la musicalité troublante, avant de nous livrer, brusquement à 1’37, à la brutalité d’une orchestration féroce et sans concessions comme ces bombes aveugles qui s’abattent sur les innocents, surpris dans leur sommeil. Après une injonction « wake up your mind, the religion want take control and become a bad way, they make believe all this bullshit and lie right now right now », à 3’16, plusieurs voix se superposent : féminines et masculines, aux accents sinistres, accompagnées par une musique lugubre, symbolisant cette réalité tragique : « you are just a toy and your lifes are shit !! » À 3’40, un cri arraché des profondeurs des tripes de Jérémie de près de 10 secondes vient y mettre un terme et la tempête orchestrale reprend et nous balance un solo de guitare ravageur, pour se terminer par une mélodie très douce à la mandoline. Bagdad Bomb est une petite pépite dans laquelle s’enchaînent relâchements et tensions, figurant la succession des périodes d’accalmie et de terreur pour les populations soumises à la barbarie des raids aériens. 

Quelques rares moments d’apaisement pour Equilibrium dont l'allure effrénée est soutenue par les blast beats ébouriffants de Big G à la batterie, secondé par une ligne de basse âpre et puissante de Philippe, des riffs nerveux, de breaks qui en font un opus tourmenté et impressionnant. 
Fanatic s’ouvre sur un air planant, mais très vite transpercé par un heavy thrash. Le chant haut de Jérémie est parfois au bord de la rupture tandis que son growl est asséné sans jamais faillir. À 4’25, un magnifique solo de guitare aérien vient nous saisir pour littéralement nous transporter sur cet hymne à la musique et au bonheur de jouer : « my passion, will stop when I die ». 

Une brève introduction électro pour Tortura qui nous assujettit à son rythme démentiel où s’affrontent tour à tour rap, growl et chant clair et nous entraîne sur des sentes paranoïdes. Les notes s’emballent sous les doigts électrisés de Laurent tandis que la cadence s’accélère puis se relâche, avant de repartir sur un registre dissonant, nous laissant exsangues. 

Little Bitch, plus rock, est traversée par de jolies saturations et distorsions à la guitare. 

Avec Air Cocaïne, le démarrage est électrique, appuyé par un puissant growl, ensuite en alternance avec un chant clair. Une pause à 1’48 avec des paroles susurrées, en forme d’avertissement devant le danger qui guette «you are falling in the dark side » ; en arrière-plan, on distingue un râle caverneux à peine perceptible. Puis le chant repart avec force. À 3’00, l’orchestration s’exacerbe avec une nouvelle rupture à 3’50 avant une reprise sur les chapeaux de roues. Ce titre propose un mix équilibré entre heavy efficace et mélodie lancinante, à l’instar de ce témoin, oscillant entre le désespoir et la colère, impuissant à sauver le naufragé de l’enfer de la drogue dans lequel il demeure englué.

Difficile de rester indifférent à l’écoute de ces compos denses instrumentalement et en majorité d’une durée supérieure à 5’00, avec des parties vocales incroyables de Jérémie, talent qu’il pourrait certainement encore améliorer. Cet album nous invite à ouvrir nos esprits, à ne plus être aveugles pour, enfin, être délivrés de nos addictions, de nos relations toxiques, de la mainmise des fanatiques et des puissants sur nos vies et pour reprendre le contrôle de nos existences.  Les différentes séquences musicales à l’intérieur de chaque chanson sont habilement intégrées de manière à assurer une cohérence à l’ensemble. Les 11 titres nous donnent une furieuse envie de bouger. The Devil’s Wife est une œuvre de heavy/nu metal époustouflante, méritant que l'on s'y arrête pour en apprécier toute la remarquable démonstration de savoir-faire.

Track list :
- Bagdad Bomb 6’24
- Equilibrium 5’15
- The Devil’s Wife 5’14
- Fanatic 6’54
- Tortura 4’39
- Little Bitch 4’39
- Welcome In My World 4’01
- PDF 5’07
- Wrong Decision (Doctor Gabon) 7’09
- Air Cocaïne 5’50
- Terminal 5’33


Article de Nathalie Bellesso
Auteure de la trilogie d'heroic fantasy "Les Véritables"
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